Islande Decouverte

Terre d’eau, de feu et de glace

Hveravellir, Geysir, Landmannalaugar,… des terres d’eau et de feu, sites où l’activité géothermique se caractérise par les sources chaudes, mares de boues bouillonnantes gracieusement auréolées de cercles de minéraux colorés, fumerolles sulfureuses et geysers ; vésuves dont certains jaillissent toutes les 3-5 ‘ et jusqu’à 40m. Ces zones produisent de la chaleur naturelle utilisée pour les chauffages des maisons, piscines, lieux publics, trottoirs, industries et serres de cultures, rendant ainsi le pays pratiquement autonome en termes de produits frais et même fruts et légumes exotiques !

Nous quittons Gullfoss, la chute d’or et Geysir par la F337, sacrée montée à arpenter les courbes de niveau serrées sur plus de 5 km. Point de vue sur la plaine de Laugarvatn et Pingvellir, avant de replonger à nouveau au cœur des montagnes volcaniques, pans de roches, failles et langues glaciaires tout autour. Piste de caractère à donner le vertige. Laissant derrière nous les Highlands, côté nord, nous filons à travers la coulée millénaire de Surtshelli, qui a façonné une large étendue sur plus de 20km de long, recouverte d’une épaisse couche de lichen; champ bosselé couleur vert de gris. Spectaculaire évasion qui n’a eu cesse de nous émerveiller.

Les nombreuses cascades fondues dans le paysage caractérisent la jeunesse de la géologie islandaise. Véritables chutes soltaires ou à plusieurs ruisselements, coincées entre les failles tectoniques ou impressionnants rideaux d’eau terminant leur course dans les longs canyons creusés par les flots, ou alors celles plus discrètes surgissant d’une large plaine. Les cascades fascinent toujours par la puissance et le bruit torrentiel qui s’y dégagent. Les embruns de perles d’eau soufflées à des centaines de mètres, rendent la végétation alentours d’un vert lumineux. La roche, lavée par l’eau, est sculptée par endroit d’orgues basaltes « parfaites » tapissant la roche ; impressionnants tubes de pierres lissées, symétriquement découpés et rangés le long des falaises.

Dans certanes régions moins reculées, le relief prend un peu de hauteur et est teinté de toute une gamme de vert, contrastant avec les tons plus ternes et uniformes des déserts. A l’arrivée des Vikings, la forêt islandaise recouvrait le 25% de l’île, puis elle s’est réduite à 1%. Un vaste programme de reboisement, depuis 20 ans, redessine le paysage par des zones vertes de sapins, trembles, broussaille, champs de lupins, bleus, en plene floraison, et bouleaux tortueux dont les feuilles chétives côté vent se sont sacrifiées pour laisser survivre le plan. Domaines protégés des dents des moutons; alors que chez nous les clôtures les empêchent de sortir de leur pâturage, ici elles leur interdisent d’y entrer ! Les fermiers islandais se sont fortement engagés pour gérer la reforestation, activité parallèle compensant la forte baisse de l’élevage du mouton.

Snaefellesnes, fjord ouest qui nous réserve bien des surprises. Péninsule filiforme découpée et battue par les courants venant de toute part fût le point de départ des héros de Jules Verne. Nos roues filent entre cratères et glaciers, nous ramenant au bord des falaises et îles aux oiseaux. Connue pour la variété des espèces et la richesse avifaune, dont la mouette trdactyle et le goéland, la balade s’embellit si, avec de la chance et par beau temps, le détour permet d’approcher les colonies de phoques au large d’Ytrigarbar. Pas si loufoques ces pinnipèdes qui se prêtent au jeu de la pose photos ou s’entraînent aux pirouettes dans l’eau gagnée par les algues mortes, gros cailloux et rejet de l’océan, dont l’odeur nauséabonde et le terrain glissant sont le prix à payer pour arriver au spot d’observation.

Nous tentons une chevauchée épique, pour une traversée Nord-Sud du fjord, suivant la rivière Langà. Depuis Tunga (N), superbe trace effleurant le mont, qui nous fait rapidement de la résistance au niveau d’un pierrier à dévers rejoignant le sommet. Partis à pied en reconnaissance, plus nous montons, moins nous entrevoyons la sortie et plus la voie devient étroite. Tout indique qu’aujourd’hui, seuls les quads et chevaux profitent encore de ce passage. Nous l’abordons donc quelques jours plus tard par le sud, par la vallée du Dengigafjoll où court toujours la Langà, terrain de jeu des saumons qui peuvent remonter la rivière jusqu’à 100km, aidés aux endroits les plus escarpés par des échelles aménagées. C’est un chemin de montagne qui grimpe et contourne les monts, comme nous les connaissons dans les Alpes, sauf qu’ici l’accès à ces immensités n’est pas interdit. Le brouillard rend encore la vue plus mystique. Sans savoir si nous pourrons faire toute la boucle, nous poursuivons prudemment. Après une première partie escarpée, c’est un tronçon peu marqué qui nous oblige à longer le bord d’un lac, les roues mouillées dans le sable noir, pour contourner les ravines ayant définitivement effacé l’ancien chemin muletier. Enfin, nous retrouvons la piste et terminons ce tour dans un panorama magique. Tout au long du parcours, nous rencontrons des randonneurs équestres, accompagnés par des hordes de chevaux sauvages. Par sa taille moyenne, 1.45m au garrot, le cheval islandais, reste rustique, robuste et supporte très bien le froid. Ce type de balade devient de plus en plus prisée par les touristes, découvrant ainsi les endroits reculés et solitaires, pouvant profiter des « huts », refuges, sur les itinéraires.

Le retour vers l’Est nous vaut le mérite d’idylliques parcours, flirtant encore et encore entre langues glaciaires, vallées lovées dans le sable entre canyons et lits de rivières aux panoramas grandioses que nous aurons du mal à quitter. Nous laissons derrière nous les plaines du large fleuve Pjorsa, surplombées du Mont Hekla, volcan le plus actif d’Islande (18ème éruption en 1991), toujours très attentivement surveillé. Landmannalaugar, ensemble de formations montagneuses de « rhyolite » vivement colorées. Cette région, une des plus visitées d’Islande, rassemble à elle seule toutes les particularités géologiques du pays. Laugar signifiant source chaude, ce site a une forte activité géothermique; la rivière d’eau chaude qui le parcourt permet la baignade. Un break reposant, ressourçant dans ces vallées de fumerolles, couleur ocre de phosphate, qui succèdent au vert velouté lumineux. Nous croisons plus de voyageurs dans cette partie sud de l’île. Leurs préoccupations principales restent la hauteur des gués et leur franchissement ? Chacun anime les discussions de photos et anecdotes, relatant leurs passages périlleux et exploits fraîchement vécus.

Lakagigar, l’éruption fissurale de 1873 rappelle encore une histoire tristement éprouvante qui a rasé toute une région de par sa puissance et la durée du phénomène volcanique. Les feux au Laki, des séismes et coulées de magma d’intensité croissante durant plus d’une année laissent derrière eux une faille de 25 km et plus de 135 cratères, dessinant une vision lunaire. Apparence encore surréaliste aujourd’hui dans le cœur de cette immense zone d’explosion géologique Une sensation d’abandon et d’impuissance mêlée à une certaine fascination et émerveillement face à ce boom gigantesque ! Dernière piste de notre raid islandais qui marquera nos esprits encore longtemps, tant les émotions vécues sont ancrées en souvenirs inoubliables.

Les haltes sur le Ring 1 du retour nous retiennent encore, comme pour retarder le départ. Route côtière, à flans les momtagnes de sable, en contrebas des hauts murs de glace et séracs du Vatnajokull, dont les langues plongeaient encore, il y a peu, directement dans l’océan. Aujourd’hui, devant la moraine grise, de petits lacs accueillent les derniers icebergs, moins imposants qu’auparvant, En effet, ces gros blocs de neige ont perdu quelque peu de leur éclat. Le bleuté de froid et la transparence de pureté s’amenuisent par leur dérive toujours plus longue.

Les premières sensations de fascination à notre arrivée se sont révélées crescendo de jour en jour. Il n’y a pas de spectacle plus imposant que ces beautés virginales, ces espaces de silence, ces immensités désertes émergeant de paysages ensorcelants et curieux. Reste à savoir si nous retrouverons un jour de telles empreintes d’un périple magiquement surprenant. Ce voyage au coeur de l’Islande nous a définitivement conquis !

Highlands, encore et encore

Au quotidien, au-delà des pistes, au-delà des horizons, au-delà des jours perpétuels. Quoi de plus aisé en Islande que de s’isoler hors de la route nationale 1, qui fait le tour de l’île et le plaisir des touristes qui n’ont pas le privilège d’avoir un véhicule tout-terrain. Notre mode de déplacement et d’autonomie nous permet de profiter égoïstement des immensités désertes, libres de toute activité humaine. Que de plaines, déserts, champs de laves, canyons et rivères sauvages à longer, traverser, par des itinéraires que nous prenons soin de tracer et redessiner chaque jour, sur mesure. Aucune contrainte temps, nous nous arrêtons au gré de nos envies et des décors, inspirant de sympathiques balades, bivouacs, et moments récréatifs. Les règles plus strictes ces dernières années n’autorisent plus de sortir des pistes ou de bivouaquer dans les parcs nationaux, sauf si notre chemin se trouve à plus d’1 heure d’un refuge ou camping. Ces restrictions, dues au tourisme de masse accru (1,8 mio de touristes sur 3 mois, pour 380’000 Islandais) et à un souci de préservation de l’environnement, ne nous pénalisent guère pour dénicher de merveilleux coins pour d’agréables soirées. Si le vent ou les volatiles, bien que dociles mais « collants » présents lorsque la bise fait grève, nous confinent dans notre loft, nous profitons de belles éclaircies, abrités contre le véhicule, et de tous les bienfaits de campeurs en plein air. Le plus, lorsque nous sommes au bord d’une rivière, bénéficiant alors des services 4**** d’une salle de bain privative, coin vaisselle et même lavoir !

Nous quittons les pistes, malgré nous, chaque 8-10 jpurs, pour tout ravitaillement, essence, eau et provisions ou pour visiter les incontournables sites géologiques.

S’il est fréquent de perdre les traces, volées par endroit par les trolls et les elfes, la plus grande difficulté est indéniablement le passage des gués. Nombreux torrents dont le débit et la profondeur varient selon leur nature, la saison, la météo, voire même en cours de journée. Rivières glaciaires chargées de sédiments, connues pour une traversée rendue périlleuse par les pierres saillantes et les trous d’eau invisibles tant les remous sont forts. Plus aisés à remonter ou traverser, les lits de rivières (> 70 cm de ht) à l’eau translucidement froide nous indiquant où nous posons nos roues. Dans tous les cas, ces traversées doivent toujours être attentivement observées et analysées, quitte à faire demi-tour si le danger paraît trop important. Nos origines montagnardes nous rendent d’autant plus fébriles, sachant que le milieu humide n’est pas notre vocation première !

Rencontre, rarement, de 4x4tistes, vététistes ou marcheurs avec qui nous passons de sympathiques moments à échanger nos expériences. Plus chanceux que nous, ces deux jeunes, traversant le pays du Nord au Sud, sacs au dos, qui ont filmé un renard arctique dans le désert. Une récompense bien méritée, comme ils nous disent, compensant les conditions extrêmes et austères d’une telle expédition, que nous ne pouvons qu’admirer !

Point météo, domaine où nous nous sentons largués, nul besoin de prévisions ! Par la présence de 2 courants, l’un polaire venant du Groenland et l’autre chaud du Golf Stream, le temps change décidément vite, et ceci plusieurs fois par jour. La météo bascule invariablement, pluies au sud beau au Nord, beau au Nord pluies au Sud… Cet effet balançoire est encore accentué par la force des vents couvrant cette région arctique. De manière générale, un « fort mistral nordique » omniprésent brasse l’air et ne fait qu’à sa tête. Alors que le ciel bas, chargé de gros nuages gris, annonce une pluie certaine, voilà que d’un coup de vent tempêtueux, les gros cumulus sont balayés pour laisser place à un coin de ciel bleu, juste le temps d’en profiter avant de devoir nous mettre à l’abri d’une averse furtive. Il nous faut faire preuve de 1000 astuces pour défier les Dieux Eoles et implorer Râ. Ceci dit, nous avons bénéficié ce mois de juillet de journées agréablement douces (15-18°), intercalées de périodes plus hivernales sur les hauts plateaux désertiques (7-11°). Point d’orgue des jours perpétuellement clairs, une sensation de la liberté sans fin.

Nous nous détournons de la F35, chenin 4×4 transformé en « tôle ondulée » par le passage incessant des voiturettes et autres cars chargés de patibulaires en recherche d’aventure, et rejoignons le coeur de l’Islande par d’interminables fonds de vallées, longeant plateaux, lacs et lits de rivières, que nous aprécions remonter pour autant que nous entrevoyons la sortie. Coincées entre les deux glaciers Hofsjokjüll et Langjoküll, le désert de Kjolur nous offre une nouvelle région à explorer. La boucle du Kerlingarfjoll est l’une des plus majestueuse pour ses panoramas grandioses et les reliefs variés, mais également la plus malicieuse pour nous orienter. Et que dire de cette longue descente à flan de collines de sable noir, tel un tobogan géant, surprenante glissade jusque dans le lit du fleuve ! Et à nouveau déserts de sable, gravillons, rocs, lave, flocons de cendres…. Si cela paraît se ressembler sans fin, rien n’est jamais pareil à l’horizon de chaque détour. Alors que nous nous attendons pas, surgissent de mystérieuses cascades, inconnues des guides touristiques, ce qui fait de chaque journée une nouvelle aventure

Iceland – Highlands’Tracks

La traversée en ferry ne restera pas dans les meilleurs souvenirs. Après s’être fait chahutés pendant plus de 30 heures, jusqu’aux Iles Ferroe, nous aprécions enfin de reposer pied sur terre ferme ; nous n’avons définitivement pas le pied marin. Fidèle à nos souvenirs, c’est un temps automnal qui nous accueille et qui nous met tout de suite en conditions. Premiers approvisionnements (eau, essence et ravitaillement) à Egilsstadir, centre névralgique après le débarquement où nous recroisons les amis voyageurs rencontrés sur le bateau, tous excités de l’aventure islandaise qui commence.

Ere tertiaire (Milocène), une jeune terre émerge. Moins de 12 milions d’années, l’île aux volcans naît des forces telluriques qui repoussent les continents. L’Islande est façonnée par des phénomènes naturels, alors que les 4 éléments, la terre, l’eau, l’air et le feu se heurtent et marquent cette nouvelle planète d’empreintes géologiques. Notions certes étudiées dans nos manuels scolaires, mais quoi de mieux qu’une expertise sur le terrain ? Il n’existe pas de mots pour traduire l’impression ressentie au prmier contact de la nature qui nous accueille, sachant que depuis sa naissance, l’Islande ne cesse de se transformer du fait d’une activité naturelle permanente.

Nous nous aventurons au hasard des pistes, en gardant à l’esprit, qu’il fût un âge où il n’y avait rien, point de terre, ni de ciel. « Ici, la nature procède géométriquement et travaille à la manière humaine, comme si elle eût manié l’équerre, le compas et le fil à plomb », J. Verne, Voyage au centre de la terre.

Nous nous familiarisons rapidement avec les termes des panneaux, qui seront de précieux repères sur le terrain, fljot (rivière), foss (cascade), vatn (lac), jokull (glaciers), hus (refuge)… Première immersion sur les hauts plateaux d’herbe rase ; la trace empruntée se fait de plus en plus timide et disparaît soudain. Une alignée d’ancestrales stèles nous indiquent les caps à suivre, sans trop s’éloigner dans des terrains hostiles. L’eau du dégel peut vite devenir traite sous nos roues. Des canards sauvages et espèces de bruants d’hiver jacassent à notre passage et s’envolent à tire d’ailes, laissant quelques moutons esseulés abrités sous de grosses mottes de terre. Ce seront nos seuls voisins durant plus de 8 jours dans les higlands. Une large plaine où paraissent de longs méandres bordés de mousse verte, seule couleur dans ces espaces où les subtiles nuances de bruns, gris et noirs suffisent pour brosser le tableau, nous mène au Mont Snaeffel . Planté majesteusement au pied du Eyjabakkajoküll, face nord du Vatnajoküll ou glacier des Eaux (8’300 km2) lui-même composés de 7 langues glaciaires. Quel spectacle ce cirque de monts enneigés et murs de glace s’imposant tel un rempart ne laissant aucun passage. Balade jusqu’au glacier à observer les marqueurs indiquant le recul son recul depuis 1945. C’est un fait que le phénomène s’est accéléré depuis les années 90, mais nous constatons aussi qu’entre 2014 et 2015, le glacier a avancé. Un bivouac s’impose dans ce décor magique, avec comme panorama une mer de neiges éternelles au soleil couchant.

Journée éprouvante, comme celle que nous appréhendons lors de nos préiples solitaires. Dès le matin, l’ordinateur de bord, précieuse aide lorsque que nous pouvons nous fier qu’aux points GPS, refuse de s’allumer. Petite réparation « course », ça a l’air de fonctionner ! Puis, quelques km seulement après ce début de journée, un gros bruit suivi d’une vive secousse à l’arrière du Pinz nous surprennent. Sans avoir le temps de réagir, nous apercevons que la roue arrière droite qui s’est désolidariée du véhicule finit sa course folle dans le fossé devant nous ! Pas besoin de commenter nos réactions ! Après avoir pu récupérer la roue, non sans peine, elle est vite remontée. Quant à moi, bravant un vent à 100km/h, je pars chercher les boulons éparpillés sur 2 km de gravillon ; j’en retrouve 3 sur 5, c’est déjà ça. La frayeur passée, cet épisode reste pour nous enexplicable, sachant que nous avons déjà parcouru plus de 5’000 km depuis notre départ, et que ce type d’incident peut se produire après le montage de la roue, soit pas loin du lieu de maintenance ! Leçon d’humilité, alors qu’il nous arriver de penser que cela ne pouvait jamais arriver. Quelque peu ébahis par la mésaventure, nous roulons toute la journée dans un désert de gravier qui, malgré la monotonie, offre un paysage d’immensité au milieu de nulle part. Pour clôturer la journée, le chauffage qui fait de la résistance. Paradoxalement, dans cet atomosphère hivernale, c’est lui qui a pris un coup de chaud et ne s’allume que par soubresauts, nous laissant pour ce soir dans une ambiance frileuse.

Nos traces filent vers Kverkjfoll, puis Askja, la piste est tracée sur la lave émise par le volacan effondré en 1961. Passages cassants sur les plaques durcies, puis tout en douceur dans une poudre de cendre blanche, formée de mille petites pierres ponces, rendues si légères car pleines de bulles d’air. C’est ici que se sont entraînés les premiers marcheurs sur la lune, le sol et la pression atmosphérique présentant un terrain propice. Le vent a sculpté des vagues de sable blanc et noir et lustré les roches éparses. Spectacle surnaturelle, ambiance envoûtée. LeViti, appelé la porte de l’enfer, cratère dans le cratère renferme 2 petits lacs bleu et vert, où il est possible de s’y baigner (25-30°) à condition de bien vouloir assurer la descente périlleuse contre les parois friables et de supporter la forte odeur de s’ouvre qui s’y dégage. Nous poursuivons l’itinéraire off road que nous avons dessiné. Au sud d’Askja, la trace nous vaut le privilège de découvrir le champ de la dernière éruption Holuhraun; un des plus grands volcan depuis 230 ans. Juillet 2014, une période volcanique commence d’abord sous la calotte glacière du Dyugjujoküll, autre langue glacière du Vatnajoküll. Par une fissure, le magma atteint la surface et l’activité dure 6 mois, laissant la lave « dégeuler » sur une surface grande comme la ville de Paris (85 km2), pour atteindre une épaisseur de 40 m. par endroit. L’éruption a déchargé près de 11 mio de tonnes de SO2, gaz qui aurait pu avoir des effets néfastes à grande échelle sur la nature environnante. Fort heureusement, le vent et l’hiver ont dissipé et atténué ces craintes. Le visage du Sud d’Askja a complètement changé depuis cet événement.

La traversée de ce désert volcanique illustre l’essentiel de nos traces islandaises qui se déroulent principalement dans des cratères de plus de 150 km2 de diamètre, cirque de montagnes, monts, cônes alluviens, barres de roches, strato-volcans, formant d’immenses lacs l’automne et le printemps, un champ de neige l’hiver et des cuvettes, terrains de jeu pour 4×4, l’été. Nous roulons d’abord dans un vaste désert de sable très fin, qui freine nos roues donnant l’impresson d’évoluer dans la neige. Cendres soufflées à des dizaines de km de la coulée, tapissant de noir une vaste plaine. Puis, plus nous nous approchons du volcan, nous devons trouver une trace entre les milliers de rocks aux formes étranges, morceaux de lave explosée, catapultés dans les airs. Enfin, nous atteignons le mur de lave noire, véritable barrière à perte de vue. Difficile de transcrire les émotions ressenties devant une scène surnaturelle, si gigantesque, nous rappelant notre fragilité et petitesse face à un tel soulèvement de la nature.

Selon l’ancienneté des coulées de lave, la végétation ne se recolonise que très lentement dans ce chaos. L’eau s’infiltre difficilement, le vent apporte peu à peu les éléments nécessaires à une nouvelle vie végétale, le lichen essentiellement, ceci des dizaines (voire centaines) d’années plus tard.

Après une semaine de vadrouille dans la caillasse, nous retrouvons peu à peu, en arrivant dans la région de Myvatn, des prairies vertes, parsemées timidement de touches colorées de thym arctique, boules de silène et bouquets de dyrades à 8 pétales. Myvatn, site géologique qui abrite une faune et une flore très variée. Le lac, véritable joyau, noyé par de nombreux petits cratères flottant tels de petites îlettes vertes.

Nous prenons le temps pour faire le point, le plein d’essence, d’eau et de ravitaillement, sans oublier quelques bricolages pour réparer définitivement le chauffage et abattre notre dernière carte pour retrouver un semblant d’informatique, le PC ayant définitivement rendu l’âme. Break dans un secteur plus touristique, nous flânons à Godafoss, qui selon la légende, la cascade se divisa en 3 parties après que le « godir », chef du district, jetadans la cascade les représentations des anciennes divinités déclarant ainsi l’Islande catholique en l’an 1000; d’où le nom de Chute des Dieux. Il fait un temps agréablement doux et ensoleillé depuis 3 jours (14-17°, nous profitions même des terrasses à Akureyri, capitale de l’Islande du Nord, pause au jardin botanique recensant plus de 2’500 plantes islandaises vivant sur les hautes latitudes et flânerie dans la rue piétonne, surpris à manger une glace.

Danemark une vie de nomades

—-Message d’origine—-
De : myrepond@bluewin.ch
Date : 29/06/2019 – 12:39 (E)
À : Webinfoaudela@proconsulte.ch
Objet : Danemark – vie de nomades

VIE DE NOMADES, notre choix, de «rats des villes » jusqu’ici, se justifie pour différentes raisons, logistiques entre autres et pour des contraintes de timing pour arriver en Islande. Notre expérience 2003 nous a démontré, qu’au mois de juin, les pistes les plus reculées traversant le pays restent infranchissables car encore trop enneigées ; ce que nous espérons contrer cet été. Ceci dit, nous avons apprécié notre vadrouille de port en port, de ville en ville d’Europe du Nord, en prologue à notre virée islandaise, ce qui nous a permis de découvrir des pays voisins que nous ne connaissions pas encore Cependant, ce type de voyage « touristique » n’est pas adapté, ni idéal, avec notre véhicule, qui n’a que très peu utilisé ses atouts off road et ses équipements de vie en autonomie. Par ailleurs, la style de vie, contraints d’hébergements dans des campings, ne répond pas à notre philosophie et esprit d’échappées journalières à l’aventure et au gré du terrain.

Fort heureusement, dès l’entrée au Danemark, l’air du large nous redonne des ailes en dénichant des espaces vierges et coins isolés pour des soirées champêtres dans le Jylland. Vaste péninsule, entourée par la mer du Nord, où l’infini des landes et des dunes ondule sous les vents d’ouest, façonnant un paysage sauvage. Plus on s’approche du Nord, villages et villes s’espacent, alors que les forêts de hauts sapins se font de plus en plus présentes. Nous traversons sur des km les « plantages », véritables pépinières d’épicéas ; des milliers de jeunes pousses alignées à perte de vue, et dévolues à nos traditionnels sapins de Noël ! Les magnifiques villes de Ribe et Viborg nous invitent dans leurs rues piétonnes animées et fleuries, bordées de maisons médiévales, petits canaux et monuments soigneusement restaurés.

Et comme pour annoncer un nouvel épisode à notre récit 2019, les nuits s’effacent au loin, laissant la clarté régner en maître pour des jours sans fin. Nous partageons l’euphorie des centaines d’équipages attendant le ferry à Hirshals (800 véhicules à bord du Noronna), et rêvons déjà aux pistes dans les Highlands islandais et à leurs légendes.

 

 

Ballade hollandaise

—-Message d’origine—-
De : myrepond@bluewin.ch
Date : 29/06/2019 – 12:36 (E)
À : Webinfoaudela@proconsulte.ch
Objet : Balade hollandaise

BALADES dans de pittoresques villages hollandais, nichés au cœur de la campagne. Marken, Monnickendam, Uitdam, Edam, Elburg, Kampen…., dont les noms sonnent telles les rimes des chansons de Jacques Brel, douces ballades en néederlandais dont on ne lasse jamais, comme « Mijn vlakke land » à écouter sur https://www.youtube.com/watch?v=Bu_XS6T2TMM ou, pour se divertir, dans le film « Je reste » avec Sophie Marceau.

Nous nous attardons dans les régions du Nord, régions les plus authentiques de Hollande. Maisons au toit de chaume, construites dans un joyeux désordre, rues pavées bordées d’arbres, ponts voûtés enjambant les innombrables canaux, ponts levis au mécanisme encore actionnés manuellement, marchés traditionnels…, nous découvrons des coins charmants.

Il faut dire qu’ici c’est le royaume des vélos et des bateaux ! L’ayant vécu et en observant les constructions routières et leur signalétique complexe, être piétons ou motorisés exige une attention de chaque instant. ll devient même dangereux de se retrouver au milieu du flux continu des 2 roues, roulant à vive allure, sonnettes stridentes aux guidons, profitant de leur priorité sur tout autre objet mobile. Petite frayeur à l’entrée d’un rond-point, alors que nous n’avions pas remarqué qu’un anneau tracé en rouge démarquait LE rond-point dédié aux pistes cyclables, dédoublant ainsi la piste du trafic automobile. Ce qui signifie pour nous automobilistes, qu’avant d’entrer dans le giratoire, il faut laisser passer les vélos qui tournent déjà sur le vélodrome ! Cette philosophie adoptée, c’est tout un parc de bécanes que nous découvrons, des plus ingénieuses aux plus artistiques ! Bicyclettes, VTT, tandems, scooters électriques, tricycles…, remorquant d’ingénieux modèles de charrettes, caissons, carrioles, paniers, sacoches, transportant famille, marmaille, toutous et victuaille sur ces voies à 4 pistes, aménagées parallèlement aux routes, offrant des boulevards aux plus pressés ou promenades de santé pour des loisirs dans des cadres idylliques.

Amsterdam juste pour le FUN

—-Message d’origine—-
De : myrepond@bluewin.ch
Date : 29/06/2019 – 12:32 (E)
À : Webinfoaudela@proconsulte.ch
Objet : Amsterdam, juste pour le FUN !

Les Pays-Bas, connus pour ses « Polders », sols irrigués par rus et canaux quadrillant ses terres en dessous du niveau de la mer, ses paysages plats inondés par l’enchevêtrement de langues d’eau qu’il faut franchir par des écluses, bras de mer s’engouffrant entre digues, presqu’îles, et petits ports. Tulipes, moulins à vent et éoliennes, pistes cyclables et Edam, autant de cartes de visite appréciées tout au long de notre séjour hollandais.

Amsterdam, capitale attirant une foule venant passer un long week-end décontracté de vie animée et nocturne. C’est un fait que bars, starbucks cafés, pubs, clubs, dancing et autres hauts lieux du shopping ne manquent pas sur la grande avenue et dans les étroites ruelles conduisant de canaux en canaux. Les demeures au bord de l’eau, les musées et œuvres artistiques sont les vestiges du siècle dit d’Or en 1600. Passage obligé au musée Van Gogh, à la Place Rembrandt et à la maison d’Anne Frank, qui écrit son journal intime décrivant sa vie clandestine durant la 2ème Guerre mondiale. Un air de week-end perpétuel, une ambiance festive, une foule bigarrée déboule de partout, à toute heure, de tout horizon. Halte plus pour le fun !

Bruxelles

—-Message d’origine—-
De : myrepond@bluewin.ch
Date : 29/06/2019 – 12:31 (E)
À : Webinfoaudela@proconsulte.ch
Objet : Bruxelles

Bruxelles, chef lieu départemental au sommet de l’Europe, on dit d’elle qu’elle est un grand village européen. Jadis carrefour du négoce médiéval, la ville a toujours attiré nombre de voyageurs, commerçants et habitants de tous pays. La ville s’est forgé aujourd’hui une image cosmopolite, active, bruyante et bonhomme, comme l’image du célèbre Manneken-Pis ! Art contemporain rivalise avec le 9ème art qu’est la BD, qui s’impose ici comme une passion nationale. Au cœur de la ville, la Grand Place, témoin de l’ancienne cité commerçante, ne laisse pas l’œil au repos. De l’Hôtel de ville au Palais des rois, chaque décor évoque l’époque des corporations, qui édifiaient, pour chaque corps de métier, la plus somptueuse des façades.

Brugges – petite Venise du NOrd

—-Message d’origine—-
De : myrepond@bluewin.ch
Date : 29/06/2019 – 12:30 (E)
À : Webinfoaudela@proconsulte.ch
Objet : Brugges, petite Venise du Nord

2019, destination Islande début juillet, ce qui nous laisse du temps pour pointer quelques caps citadins et balades dans de pittoresques villages sur notre route jusqu’au Nord du Danemark où nous embarquerons sur le ferry.

Belgique, le Plat Pays comme le chantait si bien Brel. Pays indépendant depuis sa scission d’avec la Hollande en 1830, la question royale divise le pays au sortir de la 2ème guerre mondiale. 3 régions, 3 communautés, 3 langues, notamment la Flandre néerlandophone au nord, la Wallonie francophone au sud et une communauté germanophone à l’est ; sources de querelles incessantes. Aujourd’hui une économie ouverte sur le monde, Anvers ne fut-elle pas la première bourse de la planète ?

Brugges, la petite Venise du Nord s’articule autour des canaux où s’alignent fièrement maisons à pignons à l’ombre des allées de promenade. De ruelles en ruelles, le va-et-vient des calèches battant les pavés nous ramène toujours sur la Place du Burg où la richesse des édifices qui l’entourent reflète la variété et l’harmonie des bâtisses colorées de cette magnifique bourgade. Le Beffroi, perché à 90 m., est la pièce maîtresse de cette historique place. Artisanat et gastronomie appâtent le touriste à chaque coin de rue ; dentelle, chocolaterie, étals de bières installés au cordeau, sans oublier les stands de frites gaufres et spéculoos…, tout aiguise curiosité et incite à des pauses gourmandes. Plus loin, le quartier du « Béguinage », saut dans le temps à l’atmosphère tranquille. L’un des plus importants des Flandres, enclave dans la ville habitée et administrée par une communauté de femmes, sans lien avec le clergé ; démarche non sans arrière-pensée de vie indépendante. Coup de cœur pour cette petite ville inspirant bien-être et tranquillité !